Le GNMHB au firmament


Vainqueur de sa demie face à Pontault-Combault au terme d’une partie dantesque, le GNMHB a arraché avec les dents sa place en Starligue. Vingt ans après la bande de Thierry Thoni, le handball nancéien retrouve ainsi la cour des grands. Et il le doit à une équipe tout bonnement héroïque !

Pour en arriver à ce chef-d’oeuvre, il aura fallu en déblayer à la pelle des obstacles sur la route ! Et même changer… de route, pour s’engouffrer dans cette « voie détournée » (des play-off) dont le président Hervé Alt n’avait guère envie d’entendre parler en début de saison. Mais le résultat est là : beau comme un feu d’artifice soudain venu illuminer un ciel longtemps obscurci par les galères, les blessures, et autres sales coups du destin. Et pourtant, une fois encore, on aurait pu se demander si la « poisse » n’avait pas retrouvé la nouvelle adresse (cristolienne) des Nancéiens, lorsqu’à la 26e minute, Luka Groff (vertèbres) s’effondrait sur le parquet de la Maison du handball, victime d’un violent choc avec Gustavo Rodrigues, et finalement bien obligé d’abandonner ses partenaires à l’aube de la première grosse déferlante francilienne (13-9, 14-10, puis 14-11 à la pause). Le tout dans une partie qui, rappelons-le, venait de se transformer en véritable « laissez-passer » pour la Starligue, en raison du succès liminaire de Saran sur Cherbourg.

Avec son colosse slovène en moins, et toujours deux épaules en « vrac » (celles de Vukicevic et Savic), autant dire que le staff nancéien a dû faire preuve d’une certaine imagination pour déjouer les plans du robuste dauphin de la phase régulière, « gardé » ce samedi par un Alejandro Romero en état de grâce, tout proche des 50 % d’arrêts durant une bonne partie de la première mi-temps. Mais des idées… le clan nancéien en avait à revendre en ce jour de gloire. À commencer par celle de rappeler un Obrad Ivezic blessé à la cuisse depuis le mois d’avril et bien parti pour s’arrêter là. Convoqué, en lieu et place d’un Louis Prévost pourtant irréprochable cette saison, le Serbe (4/12), décisif au retour des vestiaires, fait ainsi partie des « coups de poker » gagnants qui auront clairement contribué à enrayer la belle dynamique francilienne. Au même titre que la précision assassine des ailiers lorrains, neuf jets de 7 mètres bienvenus (7/9), la montée en puissance d’Elvar Asgeirsson (3/5) ou l’épuisante vivacité de Marius Randriantseheno en toute fin de match. Et peut-être avant tout et surtout… la fermeté d’une défense retrouvée durant les 30 dernières minutes. Encore loin d’avoir réglé le problème à l’approche du « money-time » (20-22 ; 51e), le GNMHB collait alors un cinglant coup d’accélérateur qui venait complètement changer la physionomie de cette demie aux faux airs de finale (22-23, puis 26-24), grattant au pas sage quelques précieux ballons jusqu’au coup de buzzer libérateur (26-25).

BRAVO NANCY ! VOUS ETES MAGIQUES !

Source : Est Républicain – Dimanche 6 Juin 2021